Il manque quelques options à Bellevue pour faire figure de lycée parfait. Outre toutes celles que l'on peut aisément s'imaginer et que je ne prendrai pas la peine de vous citer, nous allons aujourd'hui nous concentrer tous ensemble sur le fait qu'il n'y a pas de soubrette en dentelle et bas résille pour venir remplir notre carafe d'eau au SELF tous les quarts d'heures.
En effet, quel désarroi pour le bellevusien et ses amis lorsqu'il s'aperçoit que la carafe posée sur sa table est désespérément vide ! (Si carafe il y a, sinon, allez en piquer une à la table voisine). (Pour ceux qui n'ont jamais eu la chance inouïe de posséder un VERRE à la cantine, lâchez l'article).
Face à ce problème récurent, plusieurs solutions s'offrent aux élèves de notre lycée : le levage de plateau : toute la table soulève son plateau avec la hargne d'un combattant sur-le-champ de bataille, le dernier ayant levé son plateau se tapant la corvée, ou tout simplement une personne aimable et généreuse décide de s'attaquer à la tâche pour sa propre survie et celle de son clan. (C'est ça, les débuts de la civilisation, bande de sauvages !)
Qu'importe la façon de se débrouiller pour y aller, le fait est que la posture du remplisseur d'eau est toujours aussi délicate depuis des siècles et des siècles : que faire de son corps lorsque l'on est face à cent dix élèves en train de manger goulûment, sa petite carafe en face de sa tête, le temps que la source coule abondement par-dessus la cruche ? A Bellevue, les occasions d'observer les victimes de la source ne manquent pas. (Oui, car nous, Chroniqueuses bêtes et méchantes, frustrées et commères, nous préférons observer et critiquer les autres sans nous taper la honte, du coup, nous restons tout le repas sans boire, nous étouffant à moitié avec nos frites pas cuites).
- Le mec relax, plein de fashion attitude, qui pose de façon sexy sa carafe sous la source, se retournant à la table derrière lui pour taper la discussion à un pote qu'il aura évidement trouvé à ce moment là. En général, c'est la meilleure façon de ne pas passer pour un con.
- La fille fringuée en Barbie, qui se tape une pose devant sa carafe, les fesses en arrière, son regard de poupée battant plein cil sur l'eau de la cruche, mystère encore insondable pour elle.
- Le mec ou la nana super gêné : c'est le cas le plus excellent. Debout comme un piquet face à son eau, il se ronge les ongles comme un névrosé, son regard suppliant devant cette satanée carafe qui se remplit à deux à l'heure, il faut l'avouer ! Il sent des regards moqueurs peser sur lui, sur son postérieur, il rougit, a soudainement envie de faire caca, et en général, quand il repart avec sa carafe, il marche tout doucement, tête baissée, car le pire resterait à venir : se casser la gueule avec la carafe.
- Le mec ou la nana qui tente d'avoir l'air décontracté : « Bon, allez quoi, après tout, il n'y a que deux milles personnes dans mon dos, j'veux dire, c'est quoi par rapport à... par rapport à... Fin bon, tout le monde va chercher l'eau, je vois pas le problème, j'attends qu'elle se remplisse avec un sourire relax, et tout va bien, cool, ça va, pourquoi elle me regarde cette conne, là bas, j'ai un truc sur la gueule, c'est ça ? » C'est celui qui est le plus sensible à l'effet de masse, celui qui n'aime pas vraiment être seul sur scène. En général, il arbore un petit sourire et fait semblant de fredonner une chanson en tapotant sur la machine, mais on voit bien quand il repart qu'il est particulièrement pressé de retourner à table, ses deux fesses contre sa chaise.
- Le petit seconde qui ne sait pas encore comment ça marche : lui, il est génial. Ca marche aussi avec la petite. Ils arrivent à peine à la hauteur du bouton noir, ils en essayent un, lâchent leur doigt : l'eau s'arrête de couler. Ils réessayent. L'eau s'arrête. Merde, ils changent leur carafe de côté, appuient timidement, lâchent le bouton, ah, l'eau continue de couler. Avec un grand sourire ému, le petit seconde contemple fièrement sa carafe se gorger d'eau, mais, trop petit, il ne peut en surveiller le cours. Aussi, l'eau finit toujours par déborder, et le seconde, paniqué, arrête vite le bouton, tente de renverser un peu d'eau de la carafe dans la grille, pour éviter de s'en foutre partout lors du retour, mais il se rend compte que ce n'est pas un évier, et que toute l'eau qu'il rejette de la carafe se barre sur les côtés. Oulala ! Le petit fou s'en fout partout et repart bien vite à sa table raconter à ses amis son aventure, pleine d'éclats de rires et d'animation !
- Le mec qui s'en fout : Un cas courant : on voit un type ou une fille négligée qui s'approche de la machine, qui jette violemment sa cruche à l'intérieur, presse le bouton jusqu'à l'enfoncer dans la chair de plomb de la pauvre bête, et se barre à sa table. En général, ce mec revient une demi-heure plus tard chercher sa carafe, lorsque le self croule à moitié sous le déluge. C'est le genre de type qui se sert de l'eau en plongeant son verre dans la carafe !
- Le voleur. Lui, c'est celui qui tout compris à la société. Il arrive l'air de rien, du genre « Tiens, une machine, je n'en avais jamais vu, à quoi ça peut bien servir ? » et il se saisit de la carafe qui est en train de se remplir à ras bord pour l'emmener tranquillement à sa table. En général, le voleur fait bien son compte : la carafe tapée appartient souvent à une personne de nature faible ou pacifique. (Ou à un autre voleur, etc), du coup, il n'y a pour le moment jamais eu de combat de coq au c½ur du self de Bellevue pour une CARAFE. C'est bien dommage.
Après ceci, vous allez vous sentir observé pendant que vous remplirez votre carafe. Rassurez-vous, vous êtes TOUT LE TEMPS observés, pas seulement lors du remplissage d'eau, alors apprenez à vous décontracter.
Big Brother is watching you.
En effet, quel désarroi pour le bellevusien et ses amis lorsqu'il s'aperçoit que la carafe posée sur sa table est désespérément vide ! (Si carafe il y a, sinon, allez en piquer une à la table voisine). (Pour ceux qui n'ont jamais eu la chance inouïe de posséder un VERRE à la cantine, lâchez l'article).
Face à ce problème récurent, plusieurs solutions s'offrent aux élèves de notre lycée : le levage de plateau : toute la table soulève son plateau avec la hargne d'un combattant sur-le-champ de bataille, le dernier ayant levé son plateau se tapant la corvée, ou tout simplement une personne aimable et généreuse décide de s'attaquer à la tâche pour sa propre survie et celle de son clan. (C'est ça, les débuts de la civilisation, bande de sauvages !)
Qu'importe la façon de se débrouiller pour y aller, le fait est que la posture du remplisseur d'eau est toujours aussi délicate depuis des siècles et des siècles : que faire de son corps lorsque l'on est face à cent dix élèves en train de manger goulûment, sa petite carafe en face de sa tête, le temps que la source coule abondement par-dessus la cruche ? A Bellevue, les occasions d'observer les victimes de la source ne manquent pas. (Oui, car nous, Chroniqueuses bêtes et méchantes, frustrées et commères, nous préférons observer et critiquer les autres sans nous taper la honte, du coup, nous restons tout le repas sans boire, nous étouffant à moitié avec nos frites pas cuites).
- Le mec relax, plein de fashion attitude, qui pose de façon sexy sa carafe sous la source, se retournant à la table derrière lui pour taper la discussion à un pote qu'il aura évidement trouvé à ce moment là. En général, c'est la meilleure façon de ne pas passer pour un con.
- La fille fringuée en Barbie, qui se tape une pose devant sa carafe, les fesses en arrière, son regard de poupée battant plein cil sur l'eau de la cruche, mystère encore insondable pour elle.
- Le mec ou la nana super gêné : c'est le cas le plus excellent. Debout comme un piquet face à son eau, il se ronge les ongles comme un névrosé, son regard suppliant devant cette satanée carafe qui se remplit à deux à l'heure, il faut l'avouer ! Il sent des regards moqueurs peser sur lui, sur son postérieur, il rougit, a soudainement envie de faire caca, et en général, quand il repart avec sa carafe, il marche tout doucement, tête baissée, car le pire resterait à venir : se casser la gueule avec la carafe.
- Le mec ou la nana qui tente d'avoir l'air décontracté : « Bon, allez quoi, après tout, il n'y a que deux milles personnes dans mon dos, j'veux dire, c'est quoi par rapport à... par rapport à... Fin bon, tout le monde va chercher l'eau, je vois pas le problème, j'attends qu'elle se remplisse avec un sourire relax, et tout va bien, cool, ça va, pourquoi elle me regarde cette conne, là bas, j'ai un truc sur la gueule, c'est ça ? » C'est celui qui est le plus sensible à l'effet de masse, celui qui n'aime pas vraiment être seul sur scène. En général, il arbore un petit sourire et fait semblant de fredonner une chanson en tapotant sur la machine, mais on voit bien quand il repart qu'il est particulièrement pressé de retourner à table, ses deux fesses contre sa chaise.
- Le petit seconde qui ne sait pas encore comment ça marche : lui, il est génial. Ca marche aussi avec la petite. Ils arrivent à peine à la hauteur du bouton noir, ils en essayent un, lâchent leur doigt : l'eau s'arrête de couler. Ils réessayent. L'eau s'arrête. Merde, ils changent leur carafe de côté, appuient timidement, lâchent le bouton, ah, l'eau continue de couler. Avec un grand sourire ému, le petit seconde contemple fièrement sa carafe se gorger d'eau, mais, trop petit, il ne peut en surveiller le cours. Aussi, l'eau finit toujours par déborder, et le seconde, paniqué, arrête vite le bouton, tente de renverser un peu d'eau de la carafe dans la grille, pour éviter de s'en foutre partout lors du retour, mais il se rend compte que ce n'est pas un évier, et que toute l'eau qu'il rejette de la carafe se barre sur les côtés. Oulala ! Le petit fou s'en fout partout et repart bien vite à sa table raconter à ses amis son aventure, pleine d'éclats de rires et d'animation !
- Le mec qui s'en fout : Un cas courant : on voit un type ou une fille négligée qui s'approche de la machine, qui jette violemment sa cruche à l'intérieur, presse le bouton jusqu'à l'enfoncer dans la chair de plomb de la pauvre bête, et se barre à sa table. En général, ce mec revient une demi-heure plus tard chercher sa carafe, lorsque le self croule à moitié sous le déluge. C'est le genre de type qui se sert de l'eau en plongeant son verre dans la carafe !
- Le voleur. Lui, c'est celui qui tout compris à la société. Il arrive l'air de rien, du genre « Tiens, une machine, je n'en avais jamais vu, à quoi ça peut bien servir ? » et il se saisit de la carafe qui est en train de se remplir à ras bord pour l'emmener tranquillement à sa table. En général, le voleur fait bien son compte : la carafe tapée appartient souvent à une personne de nature faible ou pacifique. (Ou à un autre voleur, etc), du coup, il n'y a pour le moment jamais eu de combat de coq au c½ur du self de Bellevue pour une CARAFE. C'est bien dommage.
Après ceci, vous allez vous sentir observé pendant que vous remplirez votre carafe. Rassurez-vous, vous êtes TOUT LE TEMPS observés, pas seulement lors du remplissage d'eau, alors apprenez à vous décontracter.
Big Brother is watching you.