Oh ouiiii enfin un article sérieux et sans méchanceté... oui oui ami Bellevusien cet article concerne l'endroit maudit et redouté qu'il t'arrive de fréquenter dans la journée... les toilettes de Bellevue ! Cet endroit est à éviter, car il pue, il est sale, dégoulinant, mais, hélas, on est parfois prit d'envies pressantes incontrôlable, et on peut dire que pour les filles, ça urge souvent une fois par mois... Donc, entre deux cours, ou même pendant le cours, tu te précipites vers ce lieu, qu'il te semble, pauvre inconscient, n'avoir pas vu depuis un bout de temps, et dont ta mémoire sélective a quelque peu effacé le terrible souvenir. Tu te fraies un chemin douloureux parmi la foule, jouant des mains et des épaules, des ongles et des orteils, ta vessie prête à exploser, pour enfin apercevoir la porte sacrée, que tu pousses comme un dingue avec un sourire heureux. Mais, le hic, c'est qu'une fois entré dans le lieu dit, ton sourire comblé s'efface au rythme où tes narines se dilatent et ta pupille se rétracte. C'est une odeur violente qui t'enfume le cerveau, te fait friser les poils du nez, cette odeur, c'est les tréfonds pouilleux et pustuleux des derrières des Bellevusiens au complet. (C'est immonde, c'est répugnant, oser insulter ainsi nos nobles derrières d'étudiants et candidats aux écoles préparatoires ! Et oui, vous puez du cul).
Tu suffoques, tu te rattrapes au mur, ton regard choqué, interdit, fixé contre le sol en carrelage – ce que jamais tu n'aurais du faire – car à ce moment là, tu repères les légers filets gluants d'apparence fluide à tes pieds, s'accrochant sournoisement aux semelles de tes petites chaussures, qui vont elles-mêmes pénétrer dans ta baraque ce soir. Excédé, tu redresses la tête, tel Rocky, tu retiens ta respiration et, pas sourd aux gémissements de ta vessie, tu te risques à pousser une des portes (quand porte il y a, car rien n'est sûr), et à pénétrer dans ce qu'on appelle la « cabine ». Tu hésites, ton esprit se trouble, une question vient brûler tes lèvres : « Est-ce que je regarde dans les toilettes, est-ce que je ne regarde pas... » Allez, c'est une question de sûreté. Tu avances une tête de moineau au dessus du gouffre et... [ Recette de la fondue savoyarde : Mettre dans le poêlon le fromage râpé avec le vin blanc et un peu d'ail écrasé ou coupé très fin. Faire fondre doucement le fromage dans le vin blanc. Remuer doucement sans cesse. C'est assez compact au début puis peu à peu se forme un mélange de solide et liquide et en fin de cuisson, tout est homogène. Lorsque le mélange est homogène mettre une demi-cuillère à café de fécule (Maïzena) dans un fond de verre de kirsch. Laisser encore cuire 3 minutes et servir sur le feu allumé au préalable. Ajouter selon votre goût poivre et noix muscade. Pour finir... A boire avec un vin blanc de Savoie : Apremont ou Crepy (un peu pétillant). Faire suivre par une salade verte. Recette proposée par Corinne Delaporte]. Ecoeuré, au bord de la gerbe, tu te jettes or de la cabine pour aller respirer à la petite fenêtre (celle qui ressemble à une cage) et reprendre ton calme, ton self-control. Au bout de dix minutes (ou du moins quand ton esprit remit te murmure un « t'as peut être pas que ça à foutre... » tout dépend de votre vitesse de réaction), tu lorgnes la seconde cabine avec un espoir enfantin. D'une main légèrement tremblante, comme lors du premier rendez-vous, tu pousses la porte, tu t'avances timidement vers le trône, risque un coup d'½il hésitant dans l'abîme et... miracle ! L'eau est nette, transparente comme de l'eau de roche, on en boirait ! (...) Ravi, apaisé, bref, HEUREUX, tu t'adonnes glorieusement aux joies du vidage instantané – pauvre fou !
Tu ne sais comment tirer la chasse, mais après ce que tu viens de vivre, plus rien ne te semble insurmontable. Quatre solutions : pour les amoureux de la vie, on appuie avec un index ravi, pour les plus souples gaillards, on lève le pied et on tire la chasse d'eau du bout de la pompe, pour les préventifs hygiéniques, on presse avec un mouchoir sur l'index, et enfin, pour les célèbres crados égoïstes, porcs et j'en passe de Bellevue, on s'en branle et on se barre la braguette ouverte, sa pisse ou / et sa crotte trônant dans l'eau vaseuse, fier comme un poulpe d'avoir pu marquer son territoire.
Mais j'oublie ici un détail important. Il est certaines jeunes femmes qui désirent se servir d'un récipient conteneur nommé : poubelle. Or, la poubelle des cabines de toilettes bellevusiennes est ce qu'il faut éviter à tout prix. Car la poubelle, c'est ce dans quoi on trouve une anatomie tout entièrement décomposée. Elle n'est vidée qu'une fois par mois, et elle dégage une odeur putride de sang séché. Dans cette poubelle, on trouve des tampons usagés, des serviettes même pas roulées (pourquoi s'emmerder hein ?), des mouchoirs contenant certains mucus voués à l'ignorance humaine, puisque la science ne désire pas s'y intéresser, et parfois aussi des capotes, signe que certains (je ne cite personne, vous vous reconnaîtrez) doivent prendre plaisir à copuler bestialement dans une cabine de 1,5 m² (ne nous contredisez pas nous avons pris les mesures !) qui pue la merde grasse, la pisse, le pet avarié et le sang séché. Du coup, avancer ne serait-ce que la main au dessus de cette antre aux merveilles, c'est carrément du suicide. Les larmes aux yeux, tu jettes d'un air dédaigneux ta couche sale un mètre au dessus de la poubelle, (ou seau, puisqu'il s'agit d'un seau) et pousse la porte d'un air sinistre et dépressif. Tu hésites à te laver les mains tant tu te sens démoralisé, tu le fais tout de même, de dures images encore présentes à ton esprit, et tu te rends compte que rien n'a été prévu pour s'essuyer. Des rides apparaissant au coin de tes yeux, des cernes au dessus de tes joues, le teint grisâtre, tu n'en as plus rien à foutre et tu essuies lamentablement tes mains contre ton t-shirt.
Ce qu'on ne précise pas, c'est que Bellevue a été construit sur le modèle du Goulag, soit sans aucun moyen d'isolation ( pour prévenir de toute traîtrise). Aussi les cabines ne sont elles pas hermétiques pour deux sous, et il y est délicat de s'en donner à c½ur joie. En effet, comment péter dans les toilettes de Bellevue, alors que, seul et ballonné sur votre trône, vous sentez peser les respirations saccadées des autres visiteurs à quelques centimètres de votre anatomie crispée. Parfois, certains font preuve d'une retenue humaniste – ne désirant pas augmenter la souffrance de la communauté avec une odeur supplémentaire – et sortent de leur cabine l'air encore plus constipé qu'à l'entrée. On connaît d'autres hardis qui n'hésitent pas à se lâcher alors que la foule en émoi se trouve à quelques mètres derrière. Aussi l'énergumène produit-il des bruits ... révolutionnaires avec un sourire intérieur, et sort de sa cabine tout sourire abruti qu'il est, ravi devant vos visages indignés.
Je ne manquerais pas de me faire plaisir à décrire les cas spéciaux, autrement dit les jeunes filles / jeunes hommes de bonne famille, timides et constipés, qui, se croyant seuls dans les toilettes (en particulier en M, au rez de chaussé), laissent s'envoler au grand air leurs flatulences et leurs angoisses, contenues depuis trop longtemps de leur estomac à leur trou du fion. Et vous, derrière la cabine, chacal, accompagné d'un acolyte vicieux, vous ouvrez de grands yeux touts ronds, votre bouche s'ouvre et se modèle pour former un sourire de gosse au matin de noël, et vous restez encore dix minutes pour attendre la sortie de celui-qui-se-croyait-seul-mais-qui-ne-l'était-pas. Enfin, ce Jean Charles ou cette pauvre petite Marie Caroline déverrouille sa cabine, après avoir soigneusement rentré son chemisier dans son/sa pantalon / jupe, sort d'un air épuisé, mais ravi, comme celui qui sort d'un puissant orgasme purgatoire, et tombe sur... vous et votre hyène d'acolyte en train de lui adresser deux sourires ravis et moqueurs, un petit clin d'½il pour la route et à Dieu va. Ceux qui ont eu la chance d'assister à un tel spectacle pourront témoigner, mais nous préférerions les témoignages de ceux qui se trouvaient dans la cabine au moment de la scène.
Pour le reste, on a souvent peur de s'ennuyer aux toilettes, aussi demande-t-on souvent à un camarade de nous y accompagner. Mais pourquoi donc infliger une souffrance supplémentaire à un autre être humain qui, par dévotion amicale, ira suffoquer à la fenêtre pendant que vous vous en donnerez à c½ur joie ? Les charmants bellevusiens ont remédié à cet ennui. Beaucoup de lecture intéressante vous attend sur les murs et portes des toilettes de Bellevue. Aussi vous pourrez vous faire toutes les dédicaces entre copines au QI souffrant, du genre « Kiss ma belle, jtm tro for », et la réponse émouvante au dessous « Moi aussi ma couille jtoverkiff », mais ce n'est pas tout. Vous pourrez aussi éclater de rire devant l'humour qui se dégage des blagounettes offertes par nos délinquants bellevusiens, ainsi que suivre avec passion les engueulades entre filles et garçons le long des murs au fluo vert et rouge, et pour les plus désespérés, chopper les numéros des « Je lèche des gourdins au 06... » inscris sur ces cabines du Moulin Rouge improvisé, etc.
Ah, ça, les toilettes de Bellevue ne manquent pas d'intérêt, ils ont autant leur place ici que les rugby girls et les escaliers ! Non mais.
Précisons pour terminer que les profs, eux, se réservent les toilettes niquels et brillants de javel de leur petit couloir bien chaud, où même la cuvette leur chauffe le troufion, le petit savon bio, le miroir et les serviettes en peau de mouton des îles Fidji... Manque plus que la musique d'ambiance et la dame pipi et ce sera un 5 étoiles, chez le corps enseignant ! Mais c'est pour la bonne cause, car EUX, ne vont aux toilettes que pour sniffer la coke qui les aide à vous supporter, alors que nous, étant donné qu'il est mondialement connu que les cours nous font chier, on a intérêt à posséder le bas de gamme. Produire en grande quantité de la mauvaise qualité
En gros, chaque élève qui va aux toilettes à Bellevue est un peu un aventurier, tel Bob Morane ou Zora la Rousse, il est prêt à tout pour se soulager ! Aussi, pour un passage impeccables aux toilettes, voilà ce dont chaque élève consciencieux devrait se munir :
*Un demi kilomètre de papier toilette extra doux pour fesses au pelage fragile
*Une combinaison d'astronaute résistante, et au cas où, un masque à oxygène puissant
*Des chaussures à semelles changeantes
*Des lunettes infra rouge capables de vous guider les yeux fermés jusqu'au trou sacré
*Un filtre isolant résistant pour entourer la cabine
*Des gants en peau de dragon du nord du pays des elfes
Je ne sais pas ce qui est le plus coûteux, se munir des éléments de base anti déprime après toilettes, ou bien une opération chirurgicale remboursée de moitié par l'assurance maladie pour retenue de chier et pisser pendant dix heures d'affilée.
Je ne savais pas que j'étais capable de parler de CHIOTTES pendant autant de temps, c'est assez gênant, après tout vous aviez raison, il n'y avait que moi capable de m'atteler à la tâche d'un tel article, aussi je demande pardon à mes collègues de la chronique pour cet article tout minable, mais je sentais qu'on avait besoin de passer à autre chose après le combat ci-dessus, aussi, oui, je l'avoue carrément, vous me payez à rien foutre.
PS: J'encule celui ou celle qui me trouvera des fautes d'orthographe.